Vous avez vu comme moi éclore, comme les champignons par temps de pluie, de multiples radars automatiques fixes sur nos routes et autoroutes.
Ces radars ont rapporté à l’Etat en 2006 environ 349 millions d’euros (contre 205 en 2005). Compte tenu du principe de non affectation particulière d’une recette de l’Etat, les sommes ainsi dégagées sont essentiellement versées au pot commun des dépenses nationales même si l’Etat donne un discours vertueux d’utilisation de cet argent.
Nombre de ces radars sont installés par l’Etat sur des routes départementales ou sur des routes nationales transférées désormais aux départements. C’est bien sûr l’Etat qui empoche la mise au grand dam de certains Conseils Généraux qui trouvent cela un peu fort. Tout le monde sait en effet que le transfert des routes nationales de l’Etat aux Départements ne s’est pas fait sans douleur financière pour les conseils généraux. Certains conseils généraux considèrent donc, à juste titre à mon avis, que l’Etat devrait leur ristourner une partie des recettes qui pourraient alors servir pour entretenir et sécuriser ces axes routiers (notamment les routes nationales qui n’ont pas toujours été données dans un état irréprochable). Quelques départements ont décidé d’instituer une redevance fixe annuelle par appareil installé sur leur territoire et ont émis des titres de recettes auprès de l’Etat …qui ne semble pas apprécier la manœuvre.
Cela me parait d’autant plus justifié pourtant que le produit des amendes de police est réparti actuellement entre une Agence spécialisée dans le financement d’infrastructures de transports, les communes et les agglomérations…mais pas les départements.