blog d'un ex élu local, membre du MODEM, militant européen, adhérent CFTC, homme d'entreprise et de réseaux
Tout le monde sait que l’apprentissage est une voie de succès, car elle permet presque à coup sûr de trouver un emploi en sortie. Tout le monde sait aussi que le système scolaire ne peut pas convenir à 100 % des enfants en âge de fréquenter l’école. Tout le monde sait que notre pays manque de personnes exerçant des métiers qui s’apprennent mieux, car plus concrètement, par la voie de l’apprentissage. Enfin, certains ont récemment découvert que l’apprentissage menait aussi, et souvent, à reprendre ensuite d’autres études. Par ailleurs, contrairement à une idée très répandue, l’apprentissage n’est pas réservé aux métiers manuels, mais ouverts à bien d’autres horizons.
Et d’ailleurs, il n’existe aucun intérêt réel à opposer ce mode de formation à d’autres.
Je me souviens que lorsque je présidais la commission formation du Conseil Economique et Social de la Région Centre, ces éléments avaient fini par faire consensus parmi l’ensemble des personnalités qui la composait.
L’apprentissage possible dès 14 ans n’est donc en soi ni révolutionnaire, ni scandaleux. Il peut au contraire permettre à certains jeunes de trouver plus rapidement leur voie.
Mais pourquoi diable, le Premier Ministre a t il annoncé cette décision, sans que le ministère de l’Education Nationale ne le sache, sans que les partenaires sociaux n’aient été informés ou au moins invités au dialogue, en pleine crise dans nos banlieues ?
La problématique des jeunes peinant à trouver leur voie n’est pas nouvelle, et n’est pas liée uniquement aux banlieues. On aurait voulu démontrer que l’apprentissage est destiné à celles et ceux qui sont en échec scolaire qu’on ne s’y serait pas pris autrement.
Cette manière de présenter l’apprentissage est fausse et honteuse, car elle laisse croire qu’il est une voie de garage, au moment où beaucoup de professions et d’organismes professionnels font des efforts extrêmement louables pour attirer les jeunes vers leurs métiers.
On décrédibilise d’un seul coup, toutes celles et ceux qui sont, en ce moment, en apprentissage, celles et ceux qui ont le projet d’y entrer, et les maîtres de stages et chefs d’entreprises qui le pratiquent.
L’apprentissage ne doit pas, bien sûr, être synonyme de manque de formation générale (elle peut être donnée autrement, ou plus tard dans le cursus), de manque de protection sociale particulière. Il est une des voies de la réussite, un des parcours d’enseignement possible.
C’est bien là qu’est, à mon avis, l’enjeu de l’éducation et de la formation : promouvoir et proposer des parcours diversifiés, car l’ensemble d’une classe d’âge n’est pas une uniformité.