blog d'un ex élu local, membre du MODEM, militant européen, adhérent CFTC, homme d'entreprise et de réseaux
J’ai déjà exprimé, sur ce blog,il y a quelques jours mon ressenti sur ce contrat. Cela a d’ailleurs donné lieu à des commentaires abondants, pas toujours dans le sujet…mais au moins les idées s’expriment.
Permettez moi de réiterer mon agacement à ce passage en force du projet de loi, au moins à l’Assemblée, et ma stupéfaction de constater qu’il n’y a pas sur ce sujet, comme sur d’autres de dialogue social. Le dialogue social s’entend pour moi, avant et pendant les décisions…mais pas après, comme on le voit ces jours ci avec les ministres qui partent sur le terrain pour expliquer et non pour dialoguer et concerter. Je le prétends d’autant plus aisément que j’ai eu l’occasion de dialoguer avec des étudiants, à qui on n’a jamais expliqué réellement ce nouveau contrat. C’est donc une manifestation de désespérance face à l’avenir qu’ils expriment, sans connaître, pour beaucoup, la réalité du projet. D’ailleurs plus nombreux sont ceux qui sont désabusés et ne bougent pas, que ceux qui sont dans les manifestations.
Pour ma part, je fais miennes les interrogations de nombreux chefs et directeurs de personnel qui se demandent comment gérer une énième nouveauté, et qui se perdent dans les dédales du code du travail sans cesse complexifié. La présidente nationale du CJD (Centre des Jeunes Dirigeants d’Entreprises), une association que j’ai moi-même présidé régionalement, ne dit pas autre chose quand elle affirme qu’il existe plus de 20 contrats de travail, et qu’elle préfèrerait que l’Etat favorise l’émergence des groupements d’employeurs. Il serait alors plus facile pour des chefs de petites entreprises de créer à plusieurs des emplois à durée indéterminée qui permettraient aux salariés d’avoir un employeur unique identifié, un droit à la formation, …
En tout cas, l’instabilité permanente du droit du travail induit de telles incertitudes pour les praticiens (chefs d’entreprises, DRH, conseillers d’entreprises, syndicalistes, conseillers prud’homaux …), qu’elle est devenue le premier frein au recrutement.