En complément des quelques propos que j'ai tenu à notre quotidien local (édition de ce week end), je voudrais ici préciser ma pensée et ouvrir le vrai débat.
En effet, on peut se réjouir de ce projet qui permettra à notre département dont la croissance de population est importante d' être mieux représenté à l'Assemblée Nationale.
C'est d'ailleurs un voeu qu'émet avec insistance le Conseil Constitutionnel depuis plusieurs années que d'équilibrer en population les circonscriptions. Et le moment est probablement judicieux. On est encore assez loin d'une échéance législative pour que le débat reste, en principe, serein.
La croissance de population dans l 'agglomération orléanaise, et surtout celle aux limites nord de notre territoire sont à prendre en compte.
L'anomalie de la 5ème circonscription qui compte tout le secteur de Pithiviers mais s'étend très à l'est avec Ferrières en Gâtinais par exemple (plus proche et plus intégré au montargois), mais aussi Fleury les Aubrais (seconde ville de l'agglomération orléanaise) est flagrante.
En même temps, la 4 ème circonscription qui regroupe tout l'est du département du nord au sud n'est pas très équilibrée. Il ya véritablement peu de sujets communs entre Gien, Briare et l'agglomération de Montargis.
Par ailleurs, il conviendrait probablement de redécouper ou restructurer quelques cantons auparavant, car là aussi les inégalités sont frappantes, et une circonscription législative ne peut s'affranchir des limites cantonales. Ce point, non évoqué à ce jour, m'apparait être un préalable.
Mais au delà de ces considérations territoriales, le sujet de fond est celui de la représentativité des courants de pensée par les élus de la République.
Ainsi tout redécoupage sera inopérant en terme de démocratie s'il ne lisse que les disparités de population sans tenir compte des options politiques. Pour cette raison, le Mouvement Démocrate et François Bayrou demandent depuis longtemps (c'était notamment un thème majeur du programme présidentiel 2007 dans le cadre de la réforme des institutions) l'introduction dans le scrutin législatif d'une dose de proportionnelle.
Sans cet équilibrage des courants de pensée, il y a fort à parier que lors des prochaines mandatures (peut être la prochaine), le courant communiste, le courant "vert", le courant d'extrême droite disparaitront. Cela serait injuste car notre démocratie a besoin de l'expression de tous les sensibilités au sein de l'hémicycle de la représentation nationale. Les courants minoritaires ne sont pas inutiles à l'expression démocratique. Ils y contribuent et doivent pouvoir le faire sur le devant de la scène.