Depuis plusieurs semaines, l'idée générale, ici en France, est que la République Tchèque sera un bien piètre moteur de l'Union. Cette idée est naturellement, mais pas exclusivement, véhiculée par l'entourage du Président Sarkozy qui ne peut envisager une "belle présidence" pour un si petit pays, si récent dans l'Union, avec un président si eurosceptique, qui n'a pas adopté l'euro ...
Ce n'est au final pas si sûr, et tant mieux.
Tout d'abord, l'hyper activité de la présidence française va nécessairement inciter les successeurs de N. Sarkozy a emboiter le pas, chacun à sa manière. Je pense aussi que pour un pays comme la Tchéquie, une telle présidence est une occasion d'exister dans le monde ...et, comme ce fut le cas ces six derniers mois chez nous, auprès de son peuple.
On a beaucoup écrit sur le vrai scepticisme, et le mot est faible, du Président Vaclav Klaus. C'est oublier que le Président Klaus dispose constitutionnellement de peu de pouvoirs. La coalition qui gouverne, menée par le Premier Ministre Topolanek, n'est pas si eurosceptique que cela.
Je pense pour ma part qu'à cette occasion, on pourrait voir la République Tchèque "s'européaniser" vraiment.
Elle a un rôle majeur à jouer dans la crise gazière qui s' est ouverte entre Russie et Europe, via l'Ukraine.
Au delà, sa position géographique et son histoire vont l'inciter à prendre des initiatives dans les relations avec l' Est et les Balkans.
La ratification du traité de Lisbonne par le Parlement tchèque, repoussée en fevrier est probablement une habileté interne ...
Et l'annonce hier à Prague par Mirek Topolanek du lancement d'une réflexion sur l'adhésion à l'euro pourrait être un autre signe.
A suivre en tout cas.