Des voix commencent à s'élever dans notre pays pour demander à l'Etat de voler au secours des floués de Bernard Madoff.
Je trouve cette démarche immorale.
Le rôle de l'Etat est bien de réguler, de contrôler, de lisser les inégalités. Il n'est pas d'aider tel ou telle, souvent extrêmement riche, et en tout cas ayant les moyens de se faire conseiller en payant. Car enfin, ceux qui se sont laissé abuser savaient tout de même bien que les rendements proposés, et effectivement payés, étaient en tel décalage par rapport au marché qu'il y avait nécessairement problème quelque part.
Dans le domaine de la finance mondiale, quand le Premier Ministre François Fillon appelle à une nouvelle réglementation coordonnée entre Etats et banques centrales, quand il souhaite qu'on contrôle plus et mieux les agences de notation, quand il annonce vouloir lutter contre les paradis fiscaux, je le suis volontiers, et je dis : "enfin" !
Mais au lieu d'aller au secours des personnes et institutions qui se sont faites avoir par le système Madoff (qu'on n' a pas encote totalement découvert), je souhaiterais vivement, par exemple, que l'Etat qui vient d'entrer au capital de "la banque des collectivités locales", Dexia, fasse le ménage des pratiques de cet opérateur qui a toujours joué un rôle ambigü entre banque classique et banque privilégiée du secteur public. Là évidemment, l'Etat serait dans son rôle.