blog d'un ex élu local, membre du MODEM, militant européen, adhérent CFTC, homme d'entreprise et de réseaux
Que s’est il passé en Europe depuis le calamiteux référendum du 29 mai et depuis l’arrivée aux manettes le 1er juillet de Tony Blair ? Eh bien, rien !
A part l’affaire de l’ouverture des négociations avec la Turquie, dossier sur lequel nos dirigeants sont toujours en pleine cacophonie, rien !
Deux mots sur cette ouverture : le Président de la République continue à vouloir accueillir et donc ouvrir les négociations sans reconnaissance préalable de Chypre. Pour lui, les Français se prononceront au final, au moment de l’adhésion. C’est la politique de l’autruche. On se cache la difficulté et on attend. De toute façon, il ne sera plus aux affaires pour poser lui-même
De son côté, le premier ministre est un peu coincé entre son vrai savoir faire de diplomate, sa conscience profonde qui lui fait penser qu’on ne peut pas ne pas exiger tout de suite de la Turquie cette reconnaissance, et sa loyauté au président Chirac qui lui commande de « la mettre en veilleuse ».
Quant à lui, Nicolas Sarkozy, qui comme beaucoup, est contre cette entrée de ce pays dans l’Union, joue sa partition, qui évidemment contribue à jeter le flou.
Mais à part ça, rien.
Tony Blair n’avance aucun dossier, ne préside rien, ne donne aucune instruction à ses troupes à Bruxelles, annulant même plusieurs réunions au sommet pour éviter de mettre en évidence les divergences des uns et des autres, et surtout pour éviter de montrer qu’il n’a aucun projet pour l’Europe. Voilà trois mois qu’il préside sans rien faire. Il en reste encore trois.
Rien non plus de la part de Laurent Fabius qui nous promettait avec beaucoup d’autres un plan B, qui bien sûr n’existe pas. Ce n’est pas la première fois que les votants qui croient ce que leur disent certains politiciens se font avoir, mais cette fois ci, comme on dit, c’est de la grande largeur.
L’Europe est belle et bien en panne, en crise. Il lui manque sa dimension politique.
Il serait pourtant facile à Tony Blair et aux chefs de gouvernements d’avancer vers plus de démocratie et de transparence. Ils pourraient par exemple décider de rendre publics les travaux du Conseil (ce que proposait le projet constitutionnel), de donner aux parlements nationaux un pouvoir de regard sur les projets de lois européennes…
La prochaine échéance pour l’Europe, ce sera les élections au parlement européen de 2009. Il est temps de se remettre au travail pour proposer, en même temps, dans tous les pays, une ratification de la Constitution ce jour là.