blog d'un ex élu local, membre du MODEM, militant européen, adhérent CFTC, homme d'entreprise et de réseaux
Dès le 22 avril au soir, analysant ce formidable score de François BAYROU, j’étais persuadé que mon vote devait être celui là pour le second tour.
Comme nous tous, électeurs frustrés de voir notre champion exclu de la dernière étape, j’ai cependant pris le temps de la réflexion, de nouvelles analyses, de nombreux dialogues aussi.
J’ai pris le temps de regarder la personnalité et les choix politiques des deux finalistes, de les passer au « filtre » de mes valeurs.
La personnalité de Madame Royal m’a toujours beaucoup perturbé. Je la trouve, pardon de vexer ses supporters peut être, « fausse ». Et puis, vraiment, je ne lui trouve pas cette carrure nécessaire au Président de la République Française. Vraiment non, je ne peux pas voter pour elle.
La personnalité de Monsieur Sarkozy m’a toujours beaucoup fait peur. Je ne suis pas de ceux qui apprécient les passages en force, les outrances, les agitations trop souvent mauvaises conseillères. Confier l’avenir du pays et la présidence de l’Union Européenne à une telle personnalité, vraiment, non ça je ne peux pas.
Les choix politiques, maintenant et surtout.
J’ai repris les programmes, les déclarations …des deux candidats et de leurs plus proches équipiers.
Sur la vie des entreprises, l’agriculture, certes Monsieur Sarkozy est plus proche de mes idées que Madame Royal. Certes, il a repris cette idée de TVA sociale, que je défends depuis longtemps sous l’initiative de Jean Arthuis. Mais bon, alors que tout le monde économique s’accorde à dire que cette proposition de François Bayrou de deux emplois sans charge est l’idée qu’il faut mettre en pratique, M. Sarkozy nous parle d’heures supplémentaires. Il est, pour moi, homme d’entreprise, plus crédible que Madame Royal, qui ne renonce pas à généraliser les 35 h…mais encore si loin des réalités. Monsieur Sarkozy n’entend pas non plus retenir la proposition de « Small Business Act » à la française. Dommage.
Sur la dette. Alors là, carton jaune pour les deux. Aucun ne s’y accroche et n’est vraiment prêt à la prendre à bras le corps. Aucun des deux n’en fait le point d’entrée de ses analyses et ne décide de lutter résolument contre ce déficit chronique du budget de fonctionnement de l’Etat. Affligeant vraiment de part et d’autre. On ne peux promettre aucune baisse d’impôt tant qu’on n’a pas assaini.
Sur la question des retraites, N. Sarkozy est plus crédible que sa rivale qui renie la loi Fillon, mais aussi plus brutal dans la mise en œuvre, au risque de nous rejouer le CPE du gouvernement De Villepin.
Les difficultés du système de santé et le risque d’une médecine à plusieurs vitesses rapprochent sensiblement le candidat central de Madame Royal. Monsieur Sarkozy consent cependant, c’est effectivement indispensable, à donner plus d’autonomie aux hôpitaux publics.
Le véritable accord avec Madame Royal vient sur le dossier essentiel, mais peu médiatique et électoral de nos institutions sclérosées, qui n’en peuvent plus d’asphyxier la vie démocratique de la France. Développer ce point serait trop long. Je dois cependant dire que je suis en quasi osmose avec la candidate, et que l’affirmation d’un retour à la 4ème République défendue par Monsieur Sarkozy à la proposition d’une 6ème République ne tient pas la route du tout. C’est certainement le point qui aurait pu me faire voter Royal.
Sur les questions concernant la famille, l’homosexualité et toutes les questions de société, je crois sincèrement que les clivages gauche / droite ont vraiment éclaté. C’est tant mieux, et je persiste à penser que seul de larges débats, où nous prendrons le temps, permettront de trouver la voie pour notre pays.
Il y a aussi la recherche, l’éducation, le handicap … qui mériteraient que j’expose mes réflexions, mais ce serait trop long.
Les questions de défense, d’immigration, de co développement, d’environnement sont pour moi traitées de manière fausse. Le seul moyen d’analyser ces thèmes est de les regarder sous l’angle d’une politique européenne dynamique, constructive et résolue auprès de nos partenaires. Aucun de nos deux finalistes ne dégage cette ambition pourtant fondamentale. Rien des sujets structurants de l’avenir ne se règlera dans le cadre d’une solution franco française. Sur ces enjeux majeurs, l’ambition de F. Bayrou est sans commune mesure avec eux, et dégage la vison de manière beaucoup plus nette. Je voudrais ici rappeler que le Président de la République est le représentant de la France au Conseil Européen, et que notre pays présidera l’Union Européenne dans quelques semaines.
Alors là, du coup, c’est le concours de médiocrité de part et d’autre.
Alors voilà, un peu tristement, mais résolument, en mon âme et conscience comme on dit, dimanche mon bulletin sera blanc.
Une nouvelle étape se prépare. J’y travaille déjà.