blog d'un ex élu local, membre du MODEM, militant européen, adhérent CFTC, homme d'entreprise et de réseaux
Une conséquence positive (un comble !) du vote négatif lors du référendum sur la Constitution Européenne pourrait être celle là : le démarrage en France de la production industrielle des carburants bio. En effet, l’accord signé jusqu’en 2006 sur la PAC (Politique Agricole Commune) va certainement faire long feu. Et de toute façon, l’entrée dans l’Union Européenne des dix nouveaux pays en mai 2004, suivie en 2007 ou 2008 par la Roumanie et la Bulgarie, va rebattre la donne agricole. Sans compter la poussée des économies agricoles performantes d’autres pays.
La production française et européenne de colza, de tournesol (pour le diesel), de betterave et de maïs (pour l’essence) pourrait trouver là de nouveaux débouchés, à condition de ne pas traîner.
Il y a d’ailleurs bien d’autres raisons pour pousser à la production et l’utilisation de ces nouveaux carburants verts : moindre dépendance par rapport à l’énergie fossile type pétrole, moindre dépendance par rapport aux fluctuations du dollar (monnaie d’expression du brut), moindre dépendance vis-à-vis de l’extérieur puisque nous avons les ressources sur notre sol, réduction des frais de transports tant que l’autosuffisance ne sera pas atteinte, meilleure préservation de la planète parce que ces carburants sont moins polluants et renouvelables…
Mais là encore, je crains que nous ne soyons en train de prendre du retard.
Le Brésil, dont on ne dit pas suffisamment qu’il est un pays en plein essor (il n’y a pas que la Chine), possède déjà 6 usines de biocarburants, et une dizaine de projets sont en cours. L’Allemagne a engagé la construction d’unités, les Etats-Unis aussi bien sûr.
L’Union Européenne a fixé un objectif de 8 % d’incorporation dans les carburants pour les transports en 2020.
Actuellement, et pour quelques années encore, les biocarburants sont incorporés comme appoint, comme substitut, à hauteur d’environ 5 % dans les carburants actuels. Ce qui permet de développer la production à moindre coût car il n’y a pas besoin de créer des créneaux de distribution spécifiques.
Le moment est donc largement venu de permettre aux opérateurs agro-industriels (souvent les coopératives) de développer leurs investissements de production. Nous avons la matière première, nous avons les hommes…n’attendons pas que d’autres investissent là où nous avons les atouts pour faire nous même.
La filière agricole doit se mobiliser, elle le fait d’ailleurs. Notre responsabilité à tous, et notamment à ceux qui sont élus de la nation, est d’enclencher ce mouvement pour l’avenir de notre agriculture et de notre économie.